La publicité et moi : citoyen et consommateur | 04.04.2022

Candidat politique, un sujet de publicité comme un autre ?

 

 

Les partis et les candidats à une élection utilisent de nombreux moyens pour aller au-devant de leur électorat, souvent comparables à ceux qu’utilisent les marques. La communication politique doit cependant respecter une réglementation spécifique pour accorder les mêmes chances aux candidats et la liberté de décision aux électeurs.

 

Dans la rue, les affiches apparaissent sur les grands panneaux 4×3, dont les emplacements sont loués auprès des régies. Elles se déclinent plus fréquemment en petits formats, collés par les militants sur des supports urbains sans coût supplémentaire à celui de la fabrication des affiches. Pour respecter le code électoral, ces affiches sont censées être apposées sur les panneaux d’affichage d’expression libre et les emplacements réservés aux candidats. Ce dispositif s’applique pendant les six mois qui précèdent le premier jour du mois d’une élection et jusqu’à la date du tour de scrutin où elle est acquise. 

Des tracts sont distribués aux passants sur les marchés, dans les zones commerçantes des villes, sur des jours et des créneaux horaires où l’affluence est la plus grande.

 

Les meetings ou réunions publiques sont une autre forme de communication ; ils s’accompagnent d’affiches, de tracts, d’oriflammes, de véhicules porteurs d’affiches, parfois mêmes d’objets aux couleurs du parti du candidat (drapeau, porte clef, t-shirt, casquette, clef USB, etc.).

 

Certains candidats, partis ou listes électorales peuvent décliner leur campagne dans la presse, le plus souvent quotidienne, en achetant des espaces publicitaires pour présenter leur programme, ou encore à la radio ou à la télévision, sous forme de spot ou de film. Ces démarches représentent un budget important et ne sont pas à la portée de tous les candidats.

 

La radio et la télévision bénéficient d’un encadrement spécifique pour les émissions de radios ou télévisions, publiques ou privés, ainsi les débats retransmis qui accueillent des candidats. Ces formats doivent respecter un temps d’antenne équitable entre les prises de parole des candidats. C’est l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) qui en suit le décompte.

 

Aujourd’hui, la pluralité des canaux de diffusion de ces émissions avec l’internet, le différé, les relais apportés par les réseaux sociaux brouille ce décompte, ces supports n’y étant pas soumis.

 

Les réseaux sociaux qui favorisent une communication rapide et réactive sont fortement investis par les campagnes politiques. Les équipes de campagne des candidats y animent des pages officielles pour relayer leurs programmes, leurs prises de position, leurs actualités. Autour de ces pages peuvent se développer des groupes affinitaires, animés par des militants, pour diffuser les messages des candidats, recruter d’autres militants. Les publications sponsorisées (achat d’espace payant) viennent souvent compléter le dispositif.

 

La communication publique des collectivités est aussi encadrée dans l’année qui précède des élections, pour respecter le principe de non-utilisation des moyens publics au bénéfice d’un candidat et assurer l’égalité des candidats. La communication de la collectivité doit être objective, elle doit s’interdire de faire valoir par exemple le bilan d’un élu sortant. Ainsi les campagnes de communication destinées à stimuler l’implantation économique, promouvoir les atouts touristiques de la région ne doivent en aucune manière favoriser un candidat.

 

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) intervient enfin pour contrôler le traitement des données personnelles qui peuvent être recueillies à l’occasion de certaines démarches électorales. C’est le cas avec le développement des élections primaires qui constituent, en préparation de leur scrutin, un fichier des participants potentiels à partir des listes électorales et doivent se soumettre aux droits « Informatique et Libertés ».

 

Comme toute campagne de publicité, la communication politique doit donc respecter des cadres posés pour défendre la liberté d’opinion de l’audience.

 

Pour prolonger la réflexion en classe avec Media Smart :

Repérez les médias utilisés par la communication politique dans le tableau récapitulatif des Médias et formats

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